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PEINTURE

Paintings


A propos de la peinture de pierre-louis Acciari
par Nicolas Debiais

« Vif et instantané » semble être le trait de Pierre-louis Acciari, comme un colt rapidement dégainé au beau milieu de la grande rue et ces westerns des années 50. Une question de survie, sans doute. Si le geste apparaît rapide, parfois uniquement esquissé, c’est toutefois toujours à dessein. Ces sujets ne sont en effet jamais le fruit du hasard : l’homme, sous toutes ses formes, y tient, systématiquement et pour le moment, la première place. Qu’il s’agisse de crânes, de portraits, d’êtres squelettiques ou robotisés, de personnages réels ou fantasmés, dignes de Freaks, voire d’un bestiaire des « moins-aimés », c’est toujours de nous dont il est question, c’est à dire des humains et de leur humanité. Dépourvus généralement de leurs oripeaux et artifices, ses personnages apparaissent crûment au spectateur, à nu au scrutateur, définitivement seuls, même lorsqu’ils vont par paire. Néanmoins, lorsqu’il s’attache à peindre une série de « crânes », Pierre-Louis veille à leur donner une âme, se rappelant sûrement que « c’est par l’esprit que l’on vit, le reste appartient à la mort ».
Appréciant, parmi d’autres, Basquiat, Bacon ou David Linch, probablement et successivement, pour leur fulgurance, la qualité de leur dessin ou de leur mise en scène, Pierre-louis Acciari apparaît animé du même sentiment de l’inéluctabilité. Concentré sur l’être, il en oubli le paraître, et sur ses supports, volontairement la Nature (pourtant si marquante sur l’île dont il est originaire). « La nature est belle, mais souviens toi que tu es mortel et que passe le temps. »
Sa singularité, Pierre-louis la doit aussi à un sens prononcé de l’ironie ainsi qu’à une profonde tendance à l’empathie. C’est le sourire malin d’un « crâne », un boxeur qui affronte le vent, une « gueule cassée » qui semble cligner de l’œil, une succession d’images s’apparentant, à chaque reprise, à un « pied de nez » au destin.